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La Voix du Nord - 8/10/2010

Deux hommes juges pour l'overdose mortelle d'une Parisienne a Maubeuge

|  TRIBUNAL CORRECTIONNEL D'AVESNES-SUR-HELPE |

Chantal Tilkian ne réalisera jamais son rêve d'ouvrir des chambres d'hôtes en Guadeloupe. ...

La dernière chambre que cette Parisienne, âgée de 53 ans, a connue est l'une de celles du Campanile de Maubeuge où elle était arrivée de Paris avec son amant, le 25 août 2007. Elle a été hospitalisée deux jours plus tard à Maubeuge puis à Valenciennes pour mourir le 5 septembre d'une overdose due à l'absorption d'héroïne et de cocaïne. Mercredi au tribunal d'Avesnes, deux hommes, prévenus d'homicide involontaire, font face à Nicolas Steimer, le magistrat qui préside l'audience et cherche à en savoir plus. Il y a Jean-Denis Bernard, 49 ans, originaire de Martinique, au parcours professionnel en dents de scie. C'est l'amant de Chantal, élégant avec sa veste anthracite au col noir de velours. De la justice, la famille de la défunte attend une peine exemplaire. Elle considère qu'il a causé la perte de Chantal. Et puis, il y a un Sambrien, Kamal Benabouche, 31 ans, une connaissance de Jean-Denis Bernard. Le samedi de leur arrivée, Kamal retrouve le couple. Il leur a réservé une chambre d'hôtel. Ils partent en discothèque à Mons, reviennent au Campanile. Kamal s'en va, les retrouve le dimanche soir et les quitte après le repas. Mais avant, il dit que Jean-Denis a sorti une boulette de drogue et l'a informé qu'ils allaient faire la fête. Devant la juge d'instruction, l'amant dira, quant à lui, que Kamal aurait posé sur une table une boulette pour Chantal. Il était dans la salle de bains et a vu dans le miroir la transaction. Qui croire ? Jean-Denis Bernard raconte : « On a dormi. Je me suis réveillé. Elle ne parlait plus. » Qui était Chantal Tilkian ? « Quand elle aimait quelqu'un, elle en faisait plus que la plupart des gens », dit son frère.

L'ex-mari et Tom, le fils, tiennent le même langage. Leur avocat, Me Roland Rappaport, parle d'une « personne attachante et fragile.

Elle avait touché à la drogue, avait essayé de s'en détacher quand elle a rencontré Jean-Denis Bernard qui lui a présenté un cachet comme un appât auquel elle a cédé. Chantal Tilkian ne serait pas morte si elle n'avait pas été sous sa dépendance ». Elle avait vendu son appartement du Marais 600 000 E et converti 500 000 E de cette somme sur une assurance vie dont le bénéficiaire à 30 % était Jean-Denis Bernard. « Elle n'avait aucune raison de quitter son appartement si ce n'est que si elle le vendait, il viendrait vivre avec elle », ajoute l'avocat. L'amant ne voulait pas habiter chez elle car c'est là qu'il avait été dénoncé pour une affaire de drogue. En a-t-il fourni à Chantal par l'intermédiaire de Kamal le 26 août ? Oui, dit Fouzia Boukhalfa, la substitut du procureur. Non, disent Me Richard Forget et Me Julien Delarue, avocats respectifs de Jean-Denis Bernard et de Kamal Benabouche. « Ils s'aimaient et elle avait décidé de le gâter.

On n'est pas là pour faire le procès de M. Bernard parce qu'on considère que c'est un gigolo. On vous dit que c'est le dealer. Or, on apprend qu'elle est toxicomane depuis 1990 », plaide Me Forget. Le couple s'est mis ensemble en 2006. « Vous avez la certitude qu'il a livré de la drogue. Pensez ce que vous voulez mais prouvez ce que vous dites. Il n'y a pas de preuve », a plaidé Me Delarue.

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